Cabinet d'Avocat à Carcassonne

Une mère lesbienne refoulée à la porte des urgences

Céline, lesbienne, affirme qu'elle a été empêchée d'accompagner son fils en salle de soins au centre hospitalier de Perpignan

Céline aurait été empêchée d'accompagner son fils aux urgences pédiatriques de l'hôpital de Perpignan. Motif : « seule la vraie mère » y est autorisée.

Il est environ 9h30 du matin, dimanche dernier, lorsque Céline et Isabelle*, en couple depuis six ans, se rendent aux urgences pédiatriques de l'hôpital de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Leur fils Thibault*, né il y a trois ans après une PMA en Espagne, présente les symptômes d'une infection urinaire.

À l'accueil, les deux mamans précisent qu'elles sont cotitulaires de l'autorité parentale, en vertu d'une décision du juge des affaires familiales, qu'elles ont sur elles et que Le Parisien a pu consulter. Après un premier examen avec une infirmière, la famille s'installe dans la salle d'attente. « Sur un panneau, il était écrit que seuls le père et la mère sont autorisés à accompagner un enfant en salle de soins. J'avoue qu'à ce moment-là, je me suis demandé comment ça allait se passer », soupire Céline, qui n'est pas la mère biologique de Thibault.

« Seule la vraie mère est autorisée à venir »

Dix minutes plus tard, selon leur récit, l'infirmière vient chercher l'enfant pour la consultation. « Elle nous dit - en ces termes - que seule la vraie mère estautorisée à venir », raconte Céline d'une voix blanche. « Je me suis sentie humiliée devant mon enfant. Qu'on me présente en fausse mère, ça m'a scié les jambes ».

Sur le coup, la quinquagénaire préfère ne pas faire d'esclandre. « Je ne voulais pas faire paniquer Thibault », reconnaît-elle. Mais le petit garçon a, lui aussi, été très perturbé. « Où est ma maman C. ? » aurait-il répété à plusieurs reprises devant les soignants. « Depuis, il me colle aux basques, me demande si je l'aime. Ce matin, il m'a dit que je n'étais pas sa maman », lâche Céline, « bouleversée ».

Après les faits, révélés par L'Indépendant, les deux mamans se sont rendues à la gendarmerie, où elles ont déposé, dans un premier temps, une main courante. Elles ont ensuite envoyé un courrier à la direction de l'hôpital, pour demander l'ouverture d'une enquête interne.

« Touchées », mais « sans colère »

Contacté, le Centre hospitalier de Perpignan n'avait pas, ce jeudi soir, répondu à nos sollicitations. L'avocate des deux mamans, Me Aude Denarnaud, qui exerce au bureau de Carcassonne, confirme au Parisien son intention de saisir le tribunal administratif d'un recours pour « faute ».

« Je vais en outre effectuer un signalement auprès de l'agence régionale de Santé (ARS) et j'étudie la possibilité de saisir l'Ordre départemental des médecins pour ces manquements à la déontologie », précise l'avocate, qui est par ailleurs membre de la commission juridique de l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL).

Céline et Isabelle, elles, se disent « touchées émotionnellement », mais « sans colère ». « Notre couple est très tranquille. Nous baignons dans le bonheur », insiste Céline. « La seule chose que nous souhaitons, c'est que cela ne se reproduise plus. J'ai promis à Thibault que je ne laisserai plus personne m'empêcher de l'accompagner quand il a besoin de moi. »

*Leurs prénoms ont été modifiés

 

Article original publié sur Le Parisien le 14 mars 2019
http://www.leparisien.fr/societe/une-mere-lesbienne-refoulee-a-la-porte-des-urgences-ca-m-a-scie-les-jambes-14-03-2019-8032113.php
Caroline Piquet

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